15 avril 2026

5 principes pour orienter les usages de l’IA générative à l’UQAM

afin d’accompagner les membres de sa communauté.

L’Université du Québec à Montréal (UQAM, 2026) présente le document Principes orientant les usages des outils d’IA générative à l’UQAM Version intégrale (PDF, 119 Ko). Il s’agit de cinq principes visant à fixer le cadre de référence pour l’usage des outils d’intelligence artificielle générative (ci-après IA générative) au sein de la communauté uqamienne, soit les personnes étudiantes, les professeures et professeurs, les personnes chargées de cours, ainsi que le personnel cadre et de soutien afin de les accompagner et les orienter.

Ces principes s’appuient sur le Cadre de référence issu des travaux de l’Instance de concertation nationale sur l’IA en enseignement supérieur (MES, 2025a & 2025b) ; sur le rapport du Conseil supérieur de l’éducation et de la Commission de l’éthique en science et en technologie (CSE & CEST, 2024) ; ainsi que sur le Référentiel de compétences en IA pour les enseignants de l’UNESCO (Miao et Cukurova, 2025).

Chaque principe est ancré dans une ou plusieurs des quatre valeurs du Plan stratégique 2024-2029 de l’UQAM : accessibilité, engagement, audace et ouverture. La structure interne de chaque principe est uniforme : un énoncé, une brève description de l’esprit du principe, puis des comportements attendus distincts selon trois groupes cibles : l’ensemble de la communauté, les personnes étudiantes, et les professeures, professeurs et personnes chargées de cours.

Principes

Agir avec transparence et intégrité

Valeurs mobilisées de l’UQAM : engagement et ouverture

Ce principe place la déclaration explicite de l’usage des outils d’IA générative au cœur de l’honnêteté intellectuelle et de l’intégrité académique. Il exige que toute utilisation soit mentionnée au même titre que les autres sources, et que les droits des autrices et auteurs soient respectés, notamment en s’abstenant de téléverser leurs contenus protégés dans des outils non paramétrables.

  • Pour les personnes étudiantes, cela implique de respecter les normes relatives à l’éthique de la recherche documentaire, au plagiat, à la confidentialité et à la propriété intellectuelle, de se conformer au plan de cours et aux consignes d’évaluation, ainsi que d’être en mesure de démontrer leurs apprentissages et distinguer leur propre apport de celui de l’outil dans une production évaluée.
  • Pour les professeures, professeurs et personnes chargées de cours, le principe commande d’agir comme modèles positifs d’intégrité et de transparence, d’expliciter les attentes dans le plan de cours et les consignes spécifiques à chaque évaluation (y compris pour les mémoires, thèses et essais), et de déclarer l’utilisation de l’IA dans leurs projets de recherche et de création dans le respect des politiques des organismes subventionnaires.

Faire preuve d’autonomie et d’esprit critique

Valeur mobilisée de l’UQAM : engagement

Ce principe encourage l’ensemble de la communauté à conserver la maîtrise de ses usages et à développer un doute systématique à l’égard des contenus générés, en les examinant, en les confrontant à d’autres sources et en rejetant ceux qui sont erronés ou inappropriés. Il met en garde contre l’anthropomorphisme (la tendance à prêter à ces outils des capacités proprement humaines) et rappelle que chacune et chacun demeure entièrement responsable de la validité, de la légalité et de l’éthique des contenus produits.

  • Pour les personnes étudiantes, ce principe implique d’utiliser les outils avec parcimonie plutôt que de manière systématique particulièrement pour des tâches qui demandent une activité cérébrale complexe, de valider la concordance des contenus générés avec des sources fiables, et de préserver leur autonomie, leurs savoirs et leurs savoir-faire.
  • Pour les professeures, professeurs et personnes chargées de cours, il exige d’agir comme modèles critiques, d’accompagner les personnes étudiantes dans leur questionnement face à ces technologies dans leur champ disciplinaire, et d’assumer l’entière responsabilité de leur matériel pédagogique et de recherche, qu’il ait été produit de manière autonome, assisté par l’IA ou inspiré d’autres sources.

Cultiver les usages réflexifs, créatifs et formateurs

Valeurs mobilisées de l’UQAM : audace et ouverture

Ce principe reconnaît l’IA générative comme une réalité de l’époque et invite à en explorer le potentiel avec curiosité et créativité, au service de l’apprentissage, de l’avancement des connaissances, du développement professionnel et de la réussite étudiante. Il valorise le développement d’une littératie de l’IA, définie dans le document comme la capacité à « mieux comprendre son fonctionnement et ses implications sociales », et engage l’Université à accompagner sa communauté dans cette transformation numérique.

  • Pour les personnes étudiantes, le principe implique de ne pas déléguer à l’IA des tâches visant le développement de leurs compétences, et de maintenir une posture réflexive lors de toute expérimentation dans leur domaine d’études.
  • Pour les professeures, professeurs et personnes chargées de cours, les attentes sont particulièrement étendues : tenir compte des inégalités d’accès et de littératie numérique, décider de façon éclairée de la pertinence d’intégrer ces outils en cohérence avec les objectifs d’apprentissage, repenser les stratégies d’évaluation pour que les compétences essentielles demeurent manifestes en présence de l’IA, veiller à l’intégration de la littératie de l’IA dans les programmes d’études, et maintenir à jour leurs connaissances sur les outils émergents et leurs implications pédagogiques.

Favoriser des usages respectueux des personnes et de l’environnement

Valeurs mobilisées de l’UQAM : accessibilité, engagement et ouverture

Ce principe pose que l’utilisation des outils d’IA générative doit soutenir, sans jamais la supplanter, la qualité des relations interpersonnelles qui fondent l’expérience d’une personne employée, pédagogique, professionnelle ou de recherche. Il appelle à une conscience éthique des biais algorithmiques susceptibles de renforcer des préjugés ou des discriminations existantes, ainsi qu’à une sobriété numérique fondée sur la connaissance de l’empreinte environnementale de ces technologies.

  • Pour les personnes étudiantes, il s’agit de s’assurer que l’usage d’un outil d’IA ne se substitue pas aux interactions humaines essentielles à leur parcours de formation.
  • Pour les professeures, professeurs et personnes chargées de cours, le principe requiert de maintenir la relation pédagogique humaine comme socle fondamental de leurs activités, de promouvoir des conditions d’utilisation respectueuses de la justice sociale, de l’équité et de l’inclusion, de sensibiliser les personnes étudiantes aux biais algorithmiques, et de s’assurer que les outils proposés soient accessibles à toutes et à tous en plus d’accompagner les personnes étudiantes dans leur appropriation de l’IA générative.

Adopter une posture de responsabilité et de sécurité

Valeur mobilisée de l’UQAM : engagement

Ce principe rappelle que l’utilisation des outils d’IA générative ne soustrait personne à ses responsabilités : chaque membre de la communauté demeure entièrement imputable des décisions prises et des conséquences qui en résultent, y compris lorsqu’elles s’appuient sur des recommandations ou des contenus générés par ces outils. Il exige des pratiques sécuritaires concrètes : vérifier les conditions d’utilisation et les paramètres de confidentialité, choisir les outils selon les besoins de protection des renseignements personnels, s’abstenir de téléverser des évaluations, documents protégés ou données de recherche sans le consentement des personnes autrices, et anonymiser les données fournies.

Portée institutionnelle du document

Le document s’inscrit dans la continuité du cadre normatif de l’UQAM et notamment des six instruments réglementaires existants :

  • la Politique n° 2 sur la liberté académique universitaire,
  • la Politique n° 17 sur l’éducation inclusive,
  • la Politique n° 27 sur l’intégrité et la conduite responsable en recherche,
  • la Politique n° 36 sur la reconnaissance et la protection de la propriété intellectuelle,
  • la Politique n° 47 sur la sécurité informatique,
  • et la Directive sur le traitement et la protection des renseignements personnels.

Le document a été élaboré par un groupe de travail mis sur pied par le Comité de soutien à l’enseignement et à l’apprentissage (CSEA), avec la collaboration du Carrefour d’innovation et de pédagogie universitaire et du Comité de soutien à la recherche et à la création (CSRC).

Références

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